Tech 15 avril 2026 8 min de lecture

15 signes que ton site web dort (checklist honnête)

Si tu sens que ton site ne sert à rien, t’as probablement raison.

Je vais pas te faire un cours théorique. Je te propose quinze questions fermées, oui ou non, quatre minutes montre en main. À la fin, tu comptes tes « oui », tu lis ton diagnostic honnête, et tu sais ce que tu fais lundi matin.

La phrase que j’entends le plus souvent en premier rendez-vous : « mon site web ne fonctionne pas ». Parfois c’est vrai techniquement : le formulaire est cassé, les pages rament, le mobile pique les yeux. Parfois c’est vrai stratégiquement : personne ne le trouve sur Google, personne n’y reste, personne ne décroche le téléphone derrière. Presque toujours, c’est les deux en même temps.

Cette checklist couvre les deux.


L’essentiel en bref

  • 7 indépendants romands sur 10 que j’audite ont un site qui a arrêté de travailler. Cette checklist te dit en 4 minutes si c’est ton cas.
  • Quinze questions oui/non, un score sur quinze, trois paliers de diagnostic (0-5 / 6-10 / 11-15) et un plan d’action par palier.
  • Une version PDF imprimable est dispo en bas de page pour la remplir au stylo ou la partager à un associé.
  • Si ta réponse intérieure ressemble à « mon site web ne fonctionne pas », cette checklist va chiffrer ton intuition.

Pourquoi cette checklist (et à qui elle s’adresse)

Un site peut exister sans travailler. Il est en ligne, il a coûté quelques milliers de CHF il y a trois ans, il est même plutôt joli. Mais il est muet. Personne ne le trouve, personne n’y reste, personne ne t’appelle après l’avoir visité. C’est ça, un site qui dort.

Cette checklist est pour toi si tu es indépendant ou tu diriges une PME romande, que ton site est en ligne depuis plus de 12 mois, et que tu as l’impression vague qu’il ne te ramène rien. Pas de lead, pas d’appel, pas de client « trouvé par Google ». Juste une ligne de frais d’hébergement sur ton relevé bancaire, et un sentiment flou que tu paies pour du vent.

Elle ne remplace pas un audit technique professionnel. Elle t’évite d’en payer un tant que tu n’as pas fait le minimum toi-même. Pour le contexte stratégique complet, je te renvoie vers le guide complet sur les sites qui travaillent vraiment.


Les 15 signes (mode d’emploi)

Pour chaque question, un point si c’est « oui ». Zéro si c’est « non ». Sois honnête avec toi-même. Tu te mens, tu gaspilles ton temps et tu ressortiras de cette page aussi aveugle qu’en arrivant.

Visibilité Google (signes 1 à 3)

1. Tu n’as jamais ouvert Google Search Console (ou tu ne sais pas ce que c’est). Search Console, c’est le tableau de bord gratuit de Google qui te dit qui te trouve et sur quoi. Si tu ne l’as jamais connecté à ton domaine, tu pilotes un avion sans tableau de bord. Tu peux deviner que ça vole, mais tu sauras pas pourquoi ça tombe.

2. Tu tapes le nom exact de ton activité plus ta ville sur Google, et tu n’apparais pas en page 1. Teste maintenant. Tape « graphiste Lausanne », « ostéopathe Vevey », « avocat Genève divorce », selon ton métier. Si tu n’es pas dans les dix premiers résultats, Google ne sait pas que tu existes pour cette requête. Ton futur client, lui, s’arrête à la page 1.

3. Ta fiche Google Business n’a pas bougé depuis plus de 6 mois (ou tu n’en as pas). Pas de nouvelles photos, pas de nouveau post, pas de réponse aux avis récents. Google lit ce silence comme un signal d’activité morte, et il le fait remonter dans le classement local. Une fiche abandonnée est pire qu’une fiche absente : elle donne l’impression que le commerce a fermé.

Contenu (signes 4 à 6)

4. Ton dernier article ou ta dernière actualité date de plus de 6 mois (ou tu n’as jamais rien publié). Un site qui n’a pas été mis à jour depuis un an envoie un signal clair à Google : « personne ne s’en occupe ». La fraîcheur du contenu est un des signes d’un site web inactif les plus visibles côté moteur.

5. Tes pages services font moins de 300 mots et se ressemblent toutes. Si tu copies-colles la même structure en changeant juste le titre et deux mots, Google voit un site squelette. Tes pages « services » doivent chacune raconter quelque chose de différent : contexte, méthode, livrable, cas concret, prix indicatif.

6. Tu n’as aucun blog, aucune ressource, aucune FAQ publique. Zéro contenu qui aide le visiteur à comprendre ton métier avant de te contacter. Tu te prives de 80 % des requêtes que les gens tapent avant d’acheter (« comment ça se passe », « combien ça coûte », « quelle différence entre »). C’est aussi la cause numéro un d’un site web qui ne convertit pas : le visiteur arrive, ne trouve pas de réponse, repart.

Technique (signes 7 à 9)

7. Ton site n’est pas en HTTPS. Pas de cadenas dans la barre d’adresse du navigateur ? Chrome affiche « Non sécurisé » à chaque visiteur qui arrive. Google pénalise, et ton taux de rebond explose. En 2026, c’est le niveau zéro de la sécurité web.

8. Tu ouvres ton site sur ton téléphone et c’est illisible. Texte minuscule qu’il faut zoomer, boutons trop petits pour le pouce, images qui débordent de l’écran, menu impossible à ouvrir. Plus de 60 % du trafic romand est mobile. Si ton site rame sur iPhone, tu perds la majorité de tes visiteurs avant même qu’ils aient lu un mot.

9. Ton site met plus de 3 secondes à s’afficher sur une 4G moyenne. Teste-le avec PageSpeed Insights. Tape ton URL, lance l’analyse, regarde la ligne « Largest Contentful Paint ». Passé 3 secondes, un visiteur sur deux ferme l’onglet sans attendre.

Conversion (signes 10 à 12)

10. Aucun call-to-action clair au-dessus de la ligne de flottaison. Pas de bouton « prendre contact », « demander un devis », « réserver un créneau » visible sans scroller. Le visiteur arrive, lit ton slogan, et doit deviner quoi faire. Il ne devinera pas. Il partira.

11. Ton formulaire de contact, tu ne sais même pas s’il fonctionne. Dernier test sérieux : plus de 6 mois. Peut-être qu’il envoie bien un email. Peut-être qu’il tombe dans les spams depuis janvier et que tu as loupé douze demandes d’affilée. Tu ne sauras jamais si tu ne testes pas toi-même, depuis une adresse extérieure, aujourd’hui.

12. Tu n’as aucun outil de suivi. Ni Google Analytics 4, ni Plausible, ni Fathom, rien. Tu ne sais pas combien de visiteurs passent par mois, d’où ils viennent, quelles pages ils regardent. Tu navigues au pif. Tu peux pas améliorer ce que tu mesures pas.

Autorité et E-E-A-T (signes 13 à 15)

13. Aucune page « À propos » réelle. Ou alors une page générique sans photo, sans histoire, sans preuve. Trois lignes bateau sur « notre passion du travail bien fait ». Google valorise l’expérience humaine démontrée (c’est le premier E du E-E-A-T). Tes visiteurs aussi : ils achètent à une personne, pas à un logo.

14. Aucun avis client visible sur le site. Ni témoignage écrit, ni capture d’avis Google, ni logo d’entreprise cliente, ni note moyenne affichée. Tu demandes la confiance sans la justifier. En face, ton concurrent qui affiche trois avis clients et deux logos signe le contrat avant toi.

15. Aucun auteur identifié sur tes pages ou tes articles. Pas de nom, pas de photo, pas de lien LinkedIn vers le rédacteur. Pour Google en 2026, un contenu sans auteur identifié vaut moins qu’un contenu signé. Pour un visiteur humain, c’est pareil : il veut savoir qui parle avant d’écouter.


Calcule ton score

Additionne tes « oui ». Un point par signe coché. Score final sur quinze. Note ce chiffre quelque part, on en a besoin pour la suite.


Interprétation : ton site dort-il vraiment ?

Le diagnostic de ton site internet tient dans ce tableau :

ScoreDiagnosticÉtat
0-5Site réveilléOptimisations à la marge
6-10Site en sommeilPotentiel gros gaspillé
11-15Site mort cliniqueTu perds des clients chaque semaine

0-5 : ton site est réveillé

Tu fais déjà beaucoup de choses bien. Les signes que tu as cochés sont probablement des optimisations, pas des fondations manquantes. Tu n’as pas besoin de tout refaire. Tu as besoin de renforcer ce qui existe : un article de plus par trimestre, une page À propos enrichie, quelques avis clients captés.

À ce niveau, le vrai risque c’est la complaisance. Un site qui fonctionne aujourd’hui peut dormir dans dix-huit mois si tu le laisses tranquille. Relis cette checklist tous les six mois.

6-10 : ton site est en sommeil

C’est la zone la plus fréquente chez mes clients romands. Le site existe, il a été bien pensé au départ, mais personne ne l’a touché depuis la mise en ligne. Tu as probablement un bon produit et un site qui sous-performe de 50 à 70 %. Un site web qui ne rapporte rien dans cette zone, c’est rarement un problème de produit. C’est un problème de maintenance éditoriale.

La bonne nouvelle : ça se réveille. Pas besoin de tout refaire. Il te faut un plan de trente jours ciblé sur les signes cochés. Je l’ai documenté ici : le plan 30 jours pour redevenir visible.

11-15 : site mort clinique

Je vais être direct. À onze ou plus, tu paies l’hébergement d’un site qui travaille contre toi. Google ne te montre pas, tes visiteurs fuient, ton formulaire est peut-être cassé depuis six mois. Chaque semaine qui passe, un prospect qui aurait dû t’appeler appelle quelqu’un d’autre.

Deux options selon tes moyens. Tu as le temps ? Attaque signe par signe, en commençant par la technique (7, 8, 9) et la conversion (10, 11), parce que ces cinq-là saignent le plus vite. Tu n’as pas le temps ? Externalise. C’est le moment où un audit de ton site web d’indépendant devient moins cher que l’inaction.


Plan d’action selon ton score

Peu importe ton score, le principe est le même : priorise les signes qui saignent le plus. Mais la dose, elle, change.

Score 0-5

Une action par trimestre suffit. Un article publié, un refresh de ta page À propos, trois avis Google récoltés auprès de clients satisfaits. Continue à surveiller ton Search Console une fois par mois. Relis la checklist tous les six mois pour tenir la distance.

Score 6-10

Plan trente jours, quatre semaines, quatre priorités :

  • Semaine 1 : technique (HTTPS, mobile, vitesse).
  • Semaine 2 : Search Console connecté et fiche Google Business à jour.
  • Semaine 3 : un premier article pilier publié.
  • Semaine 4 : CTA visibles et formulaire testé depuis une adresse extérieure.

Le détail étape par étape est dans le plan 30 jours étape par étape.

Score 11-15

Trois cas de figure selon l’âge et la techno du site.

Cas 1, ton site a plus de 4 ans. La refonte est probablement plus rapide et moins chère que la rustine. Dix signes à corriger sur une base obsolète, ça coûte plus cher en bout de course qu’un redéveloppement propre. Regarde à quoi ressemble demander un audit personnalisé.

Cas 2, ton site a été monté récemment avec un générateur IA (Lovable, Bolt, Claude Code ou équivalent). Il est probablement beau et complètement invisible. Les sites montés sur Lovable, Bolt ou Claude Code stagnent pour la même raison : ils n’ont pas été pensés pour Google, seulement pour les captures d’écran.

Cas 3, ton site a moins de deux ans et il est « classique » (WordPress, Squarespace, Webflow bien monté). Il est sauvable, mais il te faut un accompagnement méthodique. L’audit pro devient rentable à partir de onze signes cochés, parce qu’à ce niveau, chaque semaine d’attente coûte un client. Si tu veux mettre un chiffre dessus avant de décider, le calculateur de coût d’un site web dormant te donne une estimation personnalisée en 60 secondes.

Dans tous les cas, reviens ensuite au pilier stratégique pour comprendre comment tenir un site dans la durée. La checklist diagnostique l’état, le guide explique la méthode.


FAQ

Qu’est-ce qu’un site web qui dort, exactement ?

Un site qui est en ligne mais qui ne produit plus de valeur business. Trois signes concrets : personne ne le trouve sur Google (visibilité), personne n’y reste (expérience), personne ne te contacte après l’avoir visité (conversion). Techniquement il existe. Commercialement il est mort.

Comment savoir si Google ignore complètement mon site ?

Ouvre Google et tape site:tondomaine.ch. Si zéro résultat apparaît, Google n’a indexé aucune page : c’est le signal le plus violent. Si quelques pages ressortent mais que tu n’apparais sur aucune recherche métier, Google te connaît mais ne te juge pas pertinent. Les deux problèmes se règlent, mais pas de la même manière.

Combien de signes cochés avant de vraiment s’inquiéter ?

À partir de six, ton site sous-performe clairement. À partir de onze, tu perds de l’argent chaque semaine. Sous six, tu as surtout des optimisations à faire. Zéro signe coché, c’est quasi impossible : même les bons sites gardent toujours un ou deux angles morts.

Est-ce qu’un site qui dort peut se réveiller sans tout refaire ?

Souvent oui. Sur les sites de moins de trois ans avec une base technique saine, on sauve 80 % du travail existant. On corrige la technique, on remonte du contenu, on reconnecte la fiche Google Business. La refonte complète se justifie surtout si le site a plus de quatre ans, s’il est monté sur une techno obsolète, ou s’il a été généré par IA sans stratégie SEO.

Combien de temps avant de voir un résultat après avoir corrigé les signes ?

Pour la technique (vitesse, HTTPS, mobile), effet visible en deux à quatre semaines côté Google. Pour la conversion (CTA, formulaire), effet immédiat sur les visiteurs déjà présents. Pour le contenu et l’autorité, compte trois à six mois avant les premières remontées sérieuses dans les résultats. Le SEO reste un investissement qui paye dans la durée, pas une campagne instantanée.


Télécharger la checklist en PDF

J’ai fait une version PDF imprimable de cette checklist de site web professionnel pour que tu puisses la remplir au stylo, la partager à un associé ou la glisser dans un dossier client.

👉 Accéder à la checklist interactive « 15 signes que ton site dort »

Tu préfères qu’on regarde ça ensemble sur ton site réel, avec un œil extérieur et des chiffres concrets ? C’est exactement ce que je fais dans mon audit de refonte. Score au-dessus de dix et tu n’as pas envie de tout refaire seul, on peut regarder ensemble ton site avec un œil extérieur. Ça commence souvent là.


Sources et références

JV

Écrit par

Jonathan Vouilloz

Développeur freelance basé à Genève, Suisse. Je crée des solutions digitales sur-mesure pour entrepreneurs et petites équipes.