Illustration sketchnote montrant une Ferrari garée devant une boîte aux lettres - métaphore de l'IA sous-utilisée par les PME
Tech 16 décembre 2025 12 min de lecture

52% des PME romandes utilisent l'IA pour traduire. Voici 5 usages qui changent vraiment la donne

#ia #pme #suisse-romande #productivite #automatisation

J’utilise l’IA tous les jours.

Pour développer, brainstormer, planifier mes projets. Même pour analyser des livrets de règles de jeux de société (oui, vraiment — j’y reviendrai).

Et quand je parle avec des indépendants ou des PME romandes, je réalise un truc : la plupart utilisent ChatGPT pour… traduire des emails. Ou reformuler un texte.

C’est comme acheter une Ferrari pour aller chercher le courrier.

Et les chiffres le confirment : 52% des usages professionnels de l’IA en Suisse se limitent à la traduction (AXA/Sotomo, octobre 2025). Ajoutez les 47% pour la correspondance, et vous avez le tableau complet.

Pas de jugement. L’IA, c’est nouveau, c’est flou, et personne ne t’a montré ce que tu pouvais vraiment en faire.

Cet article, c’est exactement ça : 5 usages concrets qui changent la donne — avec des outils, des exemples, et un calcul ROI réaliste pour le marché suisse.

C’est parti.


Le constat : on a l’outil, mais pas le mode d’emploi

Avant de te montrer ce que je fais, posons les chiffres.

37% des PME suisses utilisent l’IA (AXA/Sotomo, octobre 2025). Ça semble pas mal. Sauf que la part de celles qui ne l’utilisent jamais est passée de 45% à 29% en un an — signe que ça bouge, mais lentement.

Côté Suisse romande, 55% des professionnels utilisent l’IA pour des tâches administratives (Qualinsight, juin 2024). Mais quand on creuse les usages concrets… c’est surtout de la traduction (52%) et de la correspondance (47%).

Le problème, ce n’est pas la technologie. C’est le mode d’emploi.

Les gens ont peur de “mal faire”. Ils ne savent pas par où commencer. Ils pensent que c’est réservé aux grosses boîtes ou aux devs.

Spoiler : non.

Ce qui manque, ce sont des cas d’usage concrets. Pas de la théorie. Pas des promesses de “révolution”. Juste des trucs qui marchent, testés sur le terrain.

Alors voilà ce que j’aurais aimé qu’on me montre quand j’ai commencé.


Les 5 quick wins que j’utilise au quotidien

1. Le brainstorming augmenté

Quand je démarre un projet client, je ne pars plus d’une page blanche.

Je pose le contexte à Claude (mon outil principal), je lui demande de challenger mes idées, de proposer des angles auxquels je n’aurais pas pensé.

Ce n’est pas l’IA qui décide. C’est moi. Mais elle me force à structurer ma pensée, à considérer des options que j’aurais zappées.

Résultat : Des idées plus solides, plus vite. Et surtout, moins de “syndrome de la page blanche” — tu sais, ce moment où tu fixes ton écran en te demandant par où commencer.

Mon outil : Claude. Mais ChatGPT ou Gemini font aussi le job.

Le “prompting”, c’est quoi ?

Un prompt, c’est simplement la façon dont tu formules ta demande à l’IA. Plus tu es précis sur le contexte, le format attendu, et ce que tu veux éviter, meilleur sera le résultat.

Exemple concret : “Agis comme un consultant marketing. Je lance un service d’automatisation pour PME suisses. Propose-moi 5 angles de communication, en évitant le jargon technique.”

La différence entre un prompt vague et un prompt précis ? C’est la différence entre une réponse générique et une réponse utile.


2. La planification de projet

Celui-là m’a fait gagner un temps fou.

Je décris un projet : ses objectifs, ses contraintes, le budget temps, les ressources dispo. L’IA me propose une structure, un découpage en étapes, des points de vigilance.

Je ne prends pas tout. Je challenge, j’ajuste, je réorganise. Mais partir d’une proposition structurée plutôt que d’une feuille blanche, ça change tout.

Résultat : Je gagne 1-2h de réflexion initiale sur chaque nouveau projet.

Mon outil : Claude avec le mode “Projects” — ça permet de garder le contexte d’un projet sur plusieurs conversations.


Illustration sketchnote montrant la transformation d'une pile de documents en résumé clair via l'IA en 5 minutes

3. L’analyse de documents longs

OK, celui-là va te sembler bizarre, mais c’est mon préféré.

Dans mon activité parallèle (les jeux de société — longue histoire), j’utilise NotebookLM pour analyser des livrets de règles. Tu sais, ces pavés de 20-30 pages où tu cherches désespérément une clarification sur un point précis ?

Je les uploade, et je peux poser des questions directement. “Comment fonctionne la phase de combat ?”, “Quelle est la différence entre ces deux actions ?”. L’IA me répond en citant les passages concernés.

Application business : Contrats, cahiers des charges, rapports annuels, documentation technique — tout document de +10 pages que tu dois digérer rapidement.

Un client m’envoie un cahier des charges de 25 pages ? En 10 minutes, j’ai identifié les points clés, les zones floues, et les questions à poser.

Mon outil : NotebookLM (Google, gratuit). Tu peux aussi utiliser Claude en uploadant directement tes fichiers.

NotebookLM, c’est quoi ?

C’est un outil Google gratuit qui te permet d’uploader des documents (PDF, textes, même des pages web) et de “discuter” avec eux.

La particularité : l’IA ne répond qu’à partir de tes sources. Pas d’invention, pas d’hallucinations. Elle cite les passages précis.

Idéal pour la recherche, l’analyse, ou simplement retrouver une info dans un document trop long.


4. La rédaction assistée (mais pas automatique)

Je vais être clair : je n’utilise pas l’IA pour écrire à ma place.

Tu lis cet article ? C’est moi qui l’ai écrit. Avec mes mots, mes tournures, mes opinions.

Par contre, l’IA m’aide à :

  • Structurer mes idées — Je lui balance un braindump, elle me propose un plan
  • Débloquer un passage — Quand une phrase ne veut pas sortir, je lui demande 3 reformulations
  • Trouver des accroches — “Propose-moi 5 façons de commencer ce paragraphe”

Le piège à éviter ? Copier-coller du texte généré. Ça se voit. C’est fade. Et surtout, ça ne te ressemble pas.

L’IA, c’est un sparring partner. Pas un ghostwriter.

Mon outil : Claude, avec mon propre style en instruction de base.


5. Le développement accéléré

Celui-là est spécifique à mon métier de dev, mais il illustre bien le principe.

L’IA m’aide à :

  • Debugger plus vite — Je colle l’erreur, elle m’explique le problème et propose des solutions
  • Générer du code “boilerplate” — Les structures répétitives que je fais 100 fois par an, les skills de Anthropic illustrent la puissance de l’IA
  • Explorer des solutions techniques — “Comment connecter X à Y ?” avec des exemples de code

Ma productivité a clairement augmenté, mais attention à ne pas tomber dans le piège de l’objet brillant. Le code généré brut est rarement utilisable tel quel pour des projets de grande envergue, mais pour du proto, du MVP, c’est LARGEMENT suffisant. On réduit la friction au max.

Je passe moins de temps à chercher dans la doc, à tester des trucs au hasard.

Mes outils : Claude pour le raisonnement et les développement, c’est juste le meilleur. (Gemini se débrouille bien aussi)

Le “pair programming” avec l’IA

L’idée n’est pas de déléguer, mais de dialoguer.

Tu expliques ce que tu veux faire. L’IA propose. Tu corriges. Elle affine. C’est un ping-pong qui accélère tout.

Et contrairement à un vrai collègue, elle ne te juge pas quand tu poses une question “bête” à 23h.


Illustration VS comparant les données envoyées vers le cloud US versus stockées dans un coffre-fort suisse

L’angle souveraineté : tes données, c’est ton business

Je dois aborder un sujet qui fâche.

Quand tu utilises ChatGPT gratuit, tes conversations peuvent servir à entraîner le modèle. Tes données partent sur des serveurs américains. Pour un usage perso, on s’en fiche. Pour une PME suisse qui traite des données clients ? C’est un sujet.

La bonne nouvelle : des alternatives existent.

Comparatif des outils conformes

OutilHébergementConformitéPrixMon avis
EURIA (Infomaniak)Genève 🇨🇭LPD/RGPD ✅Dès 9 CHF/moisLe choix “100% suisse”
SwissGPTSuisse 🇨🇭LPD/RGPD ✅Sur devisPour les entreprises exigeantes
ChatGPT TeamUSA (avec DPA)RGPD ✅25$/moisBon compromis perf/conformité
Claude ProUSA (Anthropic)RGPD ✅20$/moisMon choix quotidien

Mon setup perso : J’utilise Claude Pro pour 90% de mes usages. Pour des données vraiment sensibles (contrats clients, infos confidentielles), je recommande EURIA — hébergé chez Infomaniak à Genève, impossible de faire plus local.

Le message : tu n’es pas obligé de choisir entre performance et conformité. Les solutions existent, et elles sont accessibles.

LPD vs RGPD, c’est quoi la différence ?

La LPD (Loi sur la Protection des Données) est la version suisse du RGPD européen. Depuis septembre 2023, elle impose des obligations similaires : consentement éclairé, droit d’accès, notification en cas de fuite de données.

Si tu traites des données de clients ou d’employés, tu es concerné. Et utiliser un outil non conforme, c’est un risque légal.


Le calcul ROI : combien tu gagnes vraiment ?

“L’IA fait gagner du temps.”

OK, mais combien ? Parce que “du temps”, ça ne veut rien dire.

Les chiffres d’études

Selon une étude du cabinet Asterès pour le FAFCEA (mai 2025), les utilisateurs d’IA générative gagnent en moyenne 2,1 heures par semaine — et jusqu’à 4,3 heures pour les plus avancés. Une autre étude de la London School of Economics (octobre 2025) évoque même des gains allant jusqu’à 11 heures pour les salariés formés.

Mon calcul perso (conservateur)

  • Temps gagné : ~3h/semaine (estimation basse)
  • Taux horaire moyen indépendant Suisse romande : 120 CHF/h
  • Économie mensuelle : 3h × 4 semaines × 120 CHF = 1’440 CHF
  • Coût des outils : ~50-100 CHF/mois (Claude Pro + quelques extras)
  • ROI net : ~1’350 CHF/mois

Et encore, je ne compte pas le gain qualitatif : moins de charge mentale, des livrables mieux structurés, moins de procrastination sur les tâches pénibles.

Le vrai gain

Ce n’est pas juste de l’argent. C’est de la bande passante mentale.

Les tâches qui traînaient pendant des jours ? Je les fais en 30 minutes.

Les projets où je bloquais sur la structure ? Je démarre en 10 minutes.

L’IA ne me rend pas plus intelligent. Elle me rend plus fluide.


Illustration des 4 étapes du premier mois : Identifier, Tester, Mesurer, Décoller

Par où commencer ? La checklist du premier mois

Assez de théorie. Voici ce que je te propose de faire concrètement.

Semaine 1 : Identifie ta tâche la plus pénible

Celle qui te fait soupirer à chaque fois. Celle que tu repousses. Celle qui te bouffe du temps sans te rapporter grand-chose.

Quelques suspects habituels :

  • Les emails de relance
  • La recherche d’informations
  • La rédaction de devis/propositions
  • Les comptes-rendus de réunion
  • La veille (concurrence, actualités)

Tu as trouvé ? Parfait.

Semaine 2 : Teste avec un outil gratuit

Pas besoin de sortir la carte bleue tout de suite.

  • Claude (claude.ai) — Gratuit avec limitations
  • ChatGPT (chat.openai.com) — Gratuit avec limitations
  • Gemini (gemini.google.com) — Excellent dans toutes les tâches.

Prends ta tâche pénible. Essaie de la faire avec l’IA. Note ce qui marche, ce qui coince.

Semaine 3-4 : Mesure le temps gagné

Pendant deux semaines, note :

  • Le temps passé sur cette tâche AVANT (de mémoire ou estimation)
  • Le temps passé AVEC l’IA

Tu auras ton propre ROI. Pas un chiffre théorique — ton chiffre à toi.

Mois 2 : Passe aux choses sérieuses

Si le test est concluant :

  1. Investis dans un outil payant (Claude Pro ou ChatGPT Plus, ~20$/mois)
  2. Explore d’autres usages
  3. Crée tes propres “prompts système” pour tes tâches récurrentes

Ce qu’il faut retenir

Ce qu'il faut retenir - Points clés à mémoriser

  1. L’IA est sous-utilisée : 52% des usages se limitent à la traduction alors que le potentiel est bien plus large
  2. 5 quick wins accessibles : Brainstorming, planification, analyse de docs, rédaction assistée, développement accéléré
  3. ROI mesurable : ~3h/semaine gagnées = ~1’400 CHF/mois pour un coût de 50-100 CHF d’outils
  4. Souveraineté possible : Des alternatives suisses existent (EURIA, SwissGPT) pour les données sensibles
  5. Commencer petit : Une tâche pénible, un outil gratuit, 30 jours de test

Le mot de la fin

L’IA ne va pas révolutionner ton business du jour au lendemain.

Elle ne va pas remplacer ton expertise, ta créativité, ta relation client.

Mais elle peut te libérer du temps. Te débloquer quand tu coinces. T’aider à structurer tes idées.

C’est un outil. Comme Excel. Comme ton téléphone. Comme ta voiture.

Sauf que là, t’as une Ferrari au garage.

Autant apprendre à la conduire.


Sources

DonnéeSourceLien
52% usage traduction, 47% correspondanceAXA / Sotomo, octobre 2025Communiqué de presse AXA
37% des PME suisses utilisent l’IAAXA / Sotomo, octobre 2025Même source
55% des pros romands utilisent l’IA (admin)Qualinsight, juin 2024Article synthèse Qualinsight
Rapport complet QualinsightQualinsight, juin 2024Rapport PDF
Gain moyen 2,1h/semaine (jusqu’à 4,3h)Asterès / FAFCEA, mai 2025Étude Asterès
Synthèse gains de temps IAFrance Num, juillet 2025Article France Num
PME suisses et IA (relais)KMU Admin (Confédération)Article kmu.admin.ch

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Ecrit par

Jonathan Vouilloz

Developpeur freelance base a Genève, Suisse. Je cree des solutions digitales sur-mesure pour entrepreneurs et petites equipes.